Réunion à Bobigny après l’agression du principal adjoint du collège Pablo-Neruda

 

BOBIGNY (AFP) — L’Education nationale “ne se laissera pas intimider par des voyous”, a affirmé lundi le recteur d’académie Jean-Michel Blanquer en annonçant une réunion mardi à Bobigny sur la sécurité du collège de Pierrefitte (Seine-Saint-Denis) où le principal adjoint a été poignardé samedi soir.

Le ministre de l’Education, Xavier Darcos, a annoncé mardi à Bobigny qu’il allait, avec Rachida Dati, “pousser la réflexion pénale” sur les violences visant les enseignants afin d’étendre les circonstances aggravantes de peines, déjà durcies en cas d’agression dans un établissement.

“Nous sommes disposés, avec la garde des Sceaux, à pousser la réflexion pénale sur les circonstances aggravantes de violences visant les fonctionnaires de l’Education nationale”, a déclaré M. Darcos lors d’un point de presse suivant une réunion sur la sécurité de l’établissement, organisée à la demande de Nicolas Sarkozy. Mme Dati, a-t-il ajouté, “va faire un rappel au règlement des procureurs de la République sur les circonstances aggravantes déjà prévues aux dispositions 222-12 et 222-13 du code pénal”.

Ces articles prévoient une aggravation des peines lorsque des violences sont commises dans l’enceinte d’un établissement scolaire. “Ne faut-il pas étendre ces dispositions à tout enseignant agressé au motif qu’il est éducateur?”, s’est demandé le ministre. “Cet incident nous rappelle à quel point les personnels sont facilement exposés”, a-t-il dit. Concernant le collège Pablo-Neruda, il a promis que des “améliorations” allaient être engagées prochainement pour “mieux sécuriser, isoler et protéger” ce collège, où des intrusions sont régulièrement déplorées.

Dimanche, Nicolas Sarkozy avait qualifié d'”acte barbare” l’agression dont a été victime Mohammed Abdallah, 44 ans, père de deux enfants, et demandé au ministre de l’Education nationale Xavier Darcos d’organiser une réunion “dans les plus brefs délais” avec les responsables du collège pour “rétablir d’urgence la sécurité dans l’établissement”.

Cette réunion se tiendra en présence du ministre à 10H45 à l’Inspection d’académie de Bobigny, avec également le préfet et le président du Conseil général, qui a effectué dans ce collège en 2006 pour 120.000 euros de travaux de sécurisation après deux incidents sérieux, en avril et mai 2006 (jets de cocktail Molotov et voiture-bélier incendiée).

L’entrée de cet établissement de 550 élèves, ouvert en 1970 dans une zone pavillonnaire près de la cité des Poètes, classé ZEP en zone prévention violence, est depuis équipée de caméras de surveillance (sans fonction d’enregistrement). M. Abdallah y était adjoint depuis la rentrée 2007, après un poste administratif à l’université de La Réunion, dont il est originaire.

“Nous réagissons avec réactivité pour montrer que ce fait divers ne doit pas nous empêcher d’assurer la continuité du service public d’éducation” au collège Pablo-Neruda: “l’Education nationale ne se laissera pas intimider par des voyous”, a affirmé le recteur de l’académie de Créteil.

Le président du Conseil général, Hervé Bramy (PCF), a souhaité lundi travailler “sur une base de dialogue conjoint” avec l’Education nationale, mais, s’est-il demandé, “jusqu’où faut-il aller?” dans la sécurisation.

Samedi vers 21H00, M. Abdallah, qui vit sur place dans un appartement de fonction, a été grièvement blessé à l’abdomen par un agresseur qui lui a porté un coup avec un couteau de cuisine d’environ 25 cm, alors qu’il avait surpris une ou plusieurs personnes dans l’enceinte du collège, derrière un bâtiment, selon le procureur de la République, François Molins.

Il a été découvert très rapidement par le gardien, qui le suivait après que les deux hommes eurent entendu du bruit.

Transporté dans un état grave à l’hôpital Beaujon à Clichy (Hauts-de-Seine), le fonctionnaire “a récupéré sa conscience”, selon le recteur qui s’est dit “plutôt rassuré” sur son état.

Il n’a pas encore été entendu par les enquêteurs, qui attendent un feu vert médical.

Alors que l’enquête débute, M. Blanquer a souhaité qu’il n’y ait “pas de déductions hâtives” au sujet d’un événement qu’il a qualifié de “fait divers”, insistant sur le fait que l’agression s’était déroulée “un samedi soir” et non sur le temps scolaire.

Le procureur a précisé qu’à ce stade “aucune hypothèse n’est privilégiée” par les enquêteurs, insistant sur “le tas d’hypothèses d’intrusions possibles”. Des recherches d’empreintes digitales et d’ADN ont été lancées, notamment sur le couteau abandonné sur place.

Au collège, les cours, qui devaient reprendre initialement à 9H30 avec une heure de retard sur l’emploi du temps habituel, ont finalement repris peu après 14H00. “L’émotion de l’équipe enseignante était très forte”, a relaté l’inspecteur d’Académie, Jean-Pierre Delaubier.

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