PORTRAIT – Une passionnée d’enseignement

Née à Clermont-Ferrand, Agnes Tegyey enseigne le français au lycée Vörösmarty. Depuis 14 ans elle se consacre aux enfants tout en cultivant son amour pour sa famille et pour la France.
Agnes Tegyey (photo LPJ)

” On peut dire que dès ma naissance j’étais destinée à enseigner le français. Je suis née en France dans une famille bilingue mais jusqu’à 4 ans je ne parlais bien aucune des deux langues. Ma mère qui a dû se séparer de moi, m’a envoyée chez ma grand-mère à Budapest, j’y ai appris le hongrois à l’école maternelle. Six mois plus tard, je revins à Orléans et ne retournai en Hongrie qu’âgée de 9 ans, après le divorce de mes parents.
Pour maintenir ses liens étroits avec la France, Agnes rend fréquemment visite à ses soeurs restées avec leur père. Depuis qu’elle a quitté son pays natal, grâce à elles et à ses propres efforts, le contact est maintenu. Elle est toujours au fait de l’actualité française, société, politique ou encore arts contemporains. Elle adore la littérature francophone. “Oui, je lis toujours en français, beaucoup de romans, mais également des pièces de théâtre. Une de mes soeurs est metteur en scène et moi aussi je raffole de théâtre et en suis toute l’actualité. Etre à l’écoute n’est pas une obligation pour moi, c’est tout naturel. ”

Contre vents et marées
L’intérêt que je porte aux élèves exige autant de motivation. Mais être aussi motivé qu’en début de carrière demande parfois un effort, surtout avec les conditions pénibles d’exercice du métier en Hongrie. “Toutefois, j’ai toujours voulu m’occuper des enfants. J’ai d’abord travaillé dans un foyer puis au Lycée. Mais oui, aujourd’hui les professeurs souffrent. Je souffre parfois de mon salaire insuffisant et du fait que les enfants soient plus difficiles à tenir qu’auparavant, mais malgré tout j’adore enseigner.” Pour affronter ces nouveaux défis, elle ne redoute rien : “Comme la nouveauté ne me fait pas peur, peut-être qu’un jour je me retrouverai jardinière”. “Il faut savoir s’aérer l’esprit ” dit-elle en partant d’un grand rire…
Expatriée et professeur de langue, elle voit clairement les différences entre la Hongrie et la France. ” Personnellement je ne connais pas très bien les expatriés, mais je peux imaginer leur situation. D’après ceux que j’ai rencontrés, je pense qu’ils ont une certaine difficulté à s’intégrer. Même s’il y a naturellement d’heureuses exceptions.” Si on a l’occasion de parler une langue étrangère, il ne faut pas hésiter à le faire. En Hongrie, l’enseignement des langues étrangères n’est pas très bon. Il n’est d’ailleurs pas sûr que même les étudiants se rendent toujours compte que la pratique d’une langue multiplie leurs chances sur le marché du travail et favorise aussi l’épanouissement personnel. “L’anglais et le français sont très importants. Les étudiants sont moins motivés aujourd’hui qu’auparavant. Mais ce sont souvent des raisons sociales ou matérielles qui en sont la cause.”

G. PETROVITS (http://www.lepetitjournal.com – Budapest) lundi 12 novembre 2007

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